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Carénage à Raiatea

5 décembre 2017, par Emeline

Hiver, froid, gris, pluie, coin du feu … Nous tentons par petite touches d’imprégner notre cerveau de notre prochain retour, afin qu’il ne soit pas trop surpris le moment venu. Et oui, toutes les bonnes choses ont une fin, et notre voyage s’achèvera bientôt, sur une notre positive car nous savons que nous laisserons notre bateau entre de nouvelles mains attentionnées. Sa nouvelle vie se présente plutôt bien : repos mérité dans l’eau limpide des lagons polynésiens, avec de courtes navigations d’une île à l’autre …

Au carénage de Raiatea ou nous faisons une halte à sec, nous retrouvons de nombreux bateaux rencontrés au fil du voyage. C’est en effet ici le repaire des retraités au long cours, qui voyagent six mois de l’année puis laissent leur bateau à terre les six autres mois. Un style de vie qui semble plutôt agréable, nous y repenserons dans quelques années … C’est ici aussi que se repose Tamata, le dernier bateau de Bernard Moitessier. Nous l’avons reconnu au premier coup d’œil, avec sa quille longue, ses haubans fixés par des serre-cables, sa delphinière démesurée, son flettner et son mat en bois. Après une petite enquête, nous apprenons qu’il appartient maintenant à Véronique, sa dernière femme, qui vient régulièrement l’entretenir et naviguer quelques semaines dans les îles.
De notre coté, nous nous mettons à l’œuvre pour caréner Hent-Eon. Après quelques jours de travail acharné, notre bateau a fière allure avec sa belle coque repeinte et un nouvel antifouling. Puis nous retrouvons avec plaisir notre élément naturel, loin des moustiques et avec enfin un peu d’air à bord.


Étonnés de voir autant de bateaux en travaux après s’être échoués sur les récifs, nous apprenons que le chantier s’est occupé de 129 bateaux échoués depuis sa création en 1986. Soit environ 4 bateaux par an ! Le plus spectaculaire cette année est un Pogo 12.5 qui s’est échoué à Huahine en mai, alors qu’il était sur le point de quitter la Polynésie française. Gilles et Cathy ont rasé de trop près le récif qui fait une courbe juste avant la passe principale de Huahine, et n’ont rien pu faire pour récupérer la situation. Ils ont du être remorqués, arrachant les safrans et la quille. Les voies d’eau ont causé de nombreux dégâts à bord, noyant une grande partie de l’électronique. Heureusement bien assuré, le bateau est aujourd’hui presque remis à neuf après 6 mois de chantier.

A Raiatea, nous faisons comme toujours beaucoup de stop, pour nous rendre à Uturoa, la ville principale, ou Apooiti l’école d’Adélaide. Véritable moyen de rencontre, le stop nous offre a chaque trajet l’occasion de découvrir un peu mieux la Polynésie grâce à nos hôtes. Certains nous reconnaissent et nous prennent plusieurs fois, ou font de grands détours pour nous ramener jusqu’au bout … Nos échanges, mêmes s’ils sont brefs, nous permettent de faire connaissance, de comprendre le mode de vie des polynésiens, de découvrir leurs métiers, leurs habitudes, d’apprendre les progrès de leurs enfants, les succès des plus grands qui partent loin pour les études, … En retour, nous leur parlons de notre voyage, de mer et d’aventures. Car les Polynésiens, mêmes s’ils vivent sur des îles, ne sont pas très attirés par la navigation. Ils voyagent finalement assez peu, et les trois quart des personnes que nous rencontrons à Raiatea n’ont jamais mis les pieds à Huahine ni à Bora Bora, les deux îles voisines distantes de moins de 30 miles.

Raiatea est également surnommée « la sacrée », en raison des nombreux sites cérémoniels qu’elle abrite. Le plus grand de Polynésie, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco et autrefois le siège du pouvoir spirituel, se trouve ici. Il s’agit du marae Taputapuatea situé face à l’océan juste à coté de la passe sacrée Te Ava Moa. Celle ci était empruntée par des pirogues venant des quatre coins du monde Maori, y compris de Nouvelle-Zélande, pour assister aux rites sacrés …

Pour terminer, des petites nouvelles de Thaïs ? Elle va très bien, et a déjà recommencé à courir et se cogner partout …

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7 Messages

  • Carénage à Raiatea Le 6 décembre 2017 , par papirègne

    superbe le bateau ! beau travail, il fait envie ... dommage qu’il soit déjà vendu, ça donne envie d’aller refaire un tour de l’autre côté du globe
    à bientôt donc !

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  • Carénage à Raiatea Le 7 décembre 2017

    Quel beau bateau ! Ainsi, il va rester se prélasser dans les eaux polynésiennes...
    C’est tout de même amusant la vie que l’on fait vivre à nos objets. Vous devriez écrire un bouquin, non pas pour raconter votre voyage, mais ceux d’Hent-Eon, en le faisant parler à la première personne du singulier. Avec tous ses changements d’identité, et de modes de vie, ça pourrait être passionnant. Une étude de la société humaine vue par un bateau !
    Mais je m’égare :)

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    • Carénage à Raiatea Le 12 décembre 2017 , par Emeline

      Dodo c’est toi ? c’est vrai que c’est assez étrange, d’autant plus qu’on a retrouvé par hasard récemment un ancien propriétaire, enfin plutot ce sont les voisins de ponton de l’ancien propriétaire qui ont reconnu notre bateau au mouillage a Tahiti, malgré son look bien différent... le mat noir y était pour qques chose ! amusant, j’aimerais bien revoir Hent Eon dans ses prochaines vies aussi ...

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  • Carénage à Raiatea Le 10 décembre 2017 , par passetoutgrain

    content que vous ayez pu vendre votre bateau rapidement.
    je suis actuellement au Cap Vert et départ dans quelques jours direction Amérique du sud.

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