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Manoeuvres de port

15 novembre 2016, par Emeline

Qui ne s’est jamais arrêté devant un bateau en train d’accoster en se faisant la réflexion « ah, belle manœuvre », ou bien « ah, manœuvre ratée » ? Il est toujours très intéressant d’observer un bateau faire une manœuvre de port, mais pas toujours facile de maîtriser toutes les subtilités qui font les manœuvres réussies ...

Sans rentrer dans les détails, voici quelques données de base qui s’appliquent à toutes les situations. La vitesse du bateau doit être assez faible pour avoir le temps d’observer comment le bateau évolue et anticiper la manœuvre (et ça fera toujours moins de dégâts si on vient taper quelques chose ...), tout en étant suffisamment rapide pour rester manœuvrant. A chacun de trouver le juste milieu, qui dépend beaucoup de la longueur du bateau, du fardage, de la puissance du moteur, de l’hélice, du vent et du courant. Pour ma part j’aime bien me situer dans la limite inférieure de la fourchette, pour des manœuvres « en douceur ».

Installer à l’avance pare-battages et aussières pour aborder la phase finale avec un bateau prêt. En ce qui concerne les aussières, cela dépend du type d’amarrage. Un bateau peut être amarré avec deux pointes avant, deux pointes arrières, une garde avant, une garde arrière, des traversiers, une ancre, une pendille (pleine de vase en général ...). On adapte donc les amarres en fonction de l’endroit ou on arrive : sur catway, le long d’un quai, cul à quai avec ancre à l’avant, pendille.

Définir sa tactique d’approche ou de départ un peu à l’avance. C’est à dire analyser la direction et la force du vent, la présence ou non de courant, les bateaux environnants, la place disponible pour manœuvrer, etc, pour savoir ce qui va se passer. Nous on aime bien échanger deux mots avant la manœuvre pour souligner un point important (par exemple « attention à bien déborder sur bâbord », ou bien « dès que l’arrière s’écarte, tu largues la garde »).

Pour les manœuvres de départ il est également très important de s’aider des appuis que donnent les amarres. Par exemple si le vent plaque le bateau contre un quai, on aura du mal à s’en sortir si on ne fait pas un appui sur garde. En fait tous ces appuis donnent des pivots qui permettent d’orienter l’avant ou l’arrière du bateau dans une direction, que l’on aurait pas pu obtenir autrement vu le fardage et la non manœuvrabilité à l’arrêt.

Dans le même esprit, il faut connaître son pas d’hélice et en jouer. Plus le pas, c’est à dire l’inclinaison des pales par rapport à l’axe de rotation, est important, plus la déviation transversale de l’arrière du bateau sera importante, à droite si l’hélice a un pas à droite, ou à gauche si le pas est à gauche (en marche avant, et inversement en marche arrière). En marche avant cela n’a pas d’influence car les filets d’eau produits par l’hélice arrivent directement sur le safran qui agit correctement. Celui-ci corrige immédiatement le mouvement donné par le pas d’hélice. Par contre en marche arrière, tant que le bateau n’a pas une vitesse suffisante pour que des filets d’eau arrivent avec une bonne vitesse sur le safran et le rendent opérationnel, le mouvement dû au pas d’hélice sera nettement visible. Pour sortir d’un catway dans une panne étroite, on a donc tout intérêt à partir dans le sens ou nous mène le pas d’hélice. Si on est à l’envers, il ne reste plus qu’à faire un demi-tour sur place, avec des marches avant et arrières successives, et bien sur en s’aidant du pas d’hélice.

Une fois qu’on a ces grands principes en tête, il faut surtout beaucoup pratiquer. Un très bon exercice à réaliser dans un endroit avec vent et courant (si possible dans des sens différents, comme c’est souvent le cas en Bretagne) est de viser un point sur un quai et d’accoster exactement sur ce point. Pour être sur de bien s’en tirer, il faut dans la phase finale sélectionner un point situé derrière le point visé, et que cet « alignement repère » reste fixe. Si il se désaligne, on n’arrivera pas au bon endroit.

En tout cas une manœuvre est un challenge toujours renouvelé, et même si après quelques dizaines de manœuvres plutôt réussies on se dit « ca y’est, j’y suis », il se peut très bien que la suivante soit catastrophique … Pour nous, la pire manœuvre a eu lieu à Funchal, qui est un tout petit port archi bondé, avec des pannes en diagonales et des catways très petits. Quand nous sommes arrivés, un bon vent soufflait en travers des pannes, de quoi mettre un peu de piment dans l’affaire. Quelques gros bateaux amarrés en bout de pontons obligeaient à faire un zig zag, puis il fallait aussitôt prendre un virage ultra-serré pour se faufiler à notre place, qui était à coté d’un tout petit bateau … Le vent nous poussait sur lui en travers, notre arrière dépassait largement du catway, et de ce bateau sur lequel on pouvait difficilement s’appuyer … Les filles hurlaient à l’intérieur (comme très souvent à l’accostage car on les attache dans leur siège) et on a eu un petit cafouillage dans la communication … Bref, ca s’est quand même bien terminé, c’est notre liston en bois qui a perdu un morceau de lame en amortissant le contact.

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4 Messages

  • Quizz Le 15 novembre 2016 , par Célia

    Pitaya !!
    merci google :)

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  • Quizz de la newsletter Le 15 novembre 2016 , par Antoine

    Voici ma réponse au quizz de la newsletter avec la photo du truc rose et gris coupé en deux :
    Hé bien je penche pour un Pokémon coupé en deux.

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  • Envie d’une carte postale Le 16 novembre 2016 , par delphine

    Salut la famille,
    Le fruit dont vous parlez dans la dernière newsletter est le pitaya, également connu sous le nom de "fruit du dragon".
    En espérant avoir gagné. ..
    Gros bisous à vous 5

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  • Manoeuvres de port Le 16 novembre 2016 , par Emeline

    Bravo à toutes les bonnes réponses sur le forum et par mails !
    il ne s’agit pas d’un petit pokemon coupé en 2 mais bien du fruit du dragon, dont le nom est pitaya. Il est originaire du Mexique et on en trouve pas mal ici aux Canaries. La gagnante du jeu est Véronique, suivie de près par maman ! bravo on vous envoie à toutes les deux une carte postale qd on arrive au Cap vert :-)
    Delphine aussi on t’enverra une petite carte !

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